Les mots de Caroline : Le Chaos

Jan 10, 2022

Au commencement, il y a 2 jours, c'est une après-sieste avec pas de sieste. Une maison tout aussi désorganisée que les 4 humains à l'intérieur. Le chaos s'installe et la dynamique familiale prend des allures de guerre mondiale. Comme toujours dans ces moments d'ultime exaspération, je regarde l'heure.
16h.


Mon beau-père dit souvent qu'on regarde sa montre, non pas pour savoir quelle heure il est, mais plutôt pour savoir combien de temps il reste. Je disais donc, c'est le chaos et mon regard désespéré se tourne vers l'horloge. Il nous reste 3h d'apocalypse familiale. L'activité du jour, faire des biscuits au gingembre et les décorer, est terminée. J'ai rempli ma promesse auprès de la Grande, de l'Homme et du Père Noël.


Le souper est déjà prêt à mettre au four, comme si j'avais eu une prémonition. Il ne me reste plus qu'à gérer les conflits fratricides. Oui, mais voilà! Je n'ai plus en moi ce qu'il faut pour connecter avec eux. Je ne veux plus rien savoir de leurs guerres. J'hésite même à savoir si taper son frère, qui n'écoute pas les demandes répétées, est vraiment un comportement à châtier. Après tout, j'aimerais bien que mes enfants se défendent en cas d'intimidation et/ou de harcèlement.


On philosophera sur ce sujet un autre jour.


J'opte plutôt pour la démission douce. Je me déconnecte du chaos ambiant, mais sans aller m'acheter des cigarettes. Est-ce que c'est de la zénitude? Du lâcher-prise? Peu importe comment ça s'appelle, je vais chercher mon tapis de yoga que je déroule au salon, pendant que les enfants se courent après avec des bâtons, pour ce que j'en sais. C'est ma perception du moins, je ne sais pas vraiment, je ne les regarde plus. Rendue à ce point-là dans l'escalade des hostilités, je me fais moins confiance à moi, l'adulte, d'être posée et réfléchie qu'à eux, petite bande de barbares de la petite enfance. Je sais que ma colère fera mal plus sûrement que la leur. Je les laisse donc aux prises avec leurs propres émotions. Si je ne canalise pas les miennes, immédiatement, on ne survivra pas. Pas tous.


C'est à ce moment que la magie opère. La Grande est très sensible à ce genre de chose. Elle est peut-être une yoginimini. Il est déjà arrivé que, complètement démunie devant sa crise, je m'assoie tout simplement pour méditer. Elle se roulait alors en boule au creux de mes jambes et se calmait en même temps que moi. Elle s'inspire donc de moi pour dérouler son tapis de yoga. Les deux autres la suivent. Elle mène le groupe telle une vraie animatrice d'émission de mise en forme (le maillot fluo en moins). Tous les esprits se focussent. La pression tombe. On tourne la page.


J'aimerais raconter comment la soirée s'est terminée dans la joie et l'allégresse, mais je ne raconte pas de conte de fées. La journée a fini par finir. Les enfants ont été mis au lit. Le chaos a été ramassé. Quelques petites heures après, mon travail de mère et femme à la maison s'est achevé et j'ai pu manger et boire mes émotions en toute tranquillité.
J'aimerais dire que demain est un autre jour, oui sauf que c'était un autre jour pareil.

Puis pareil encore ce matin.


Priez pour moi pauvres pêcheurs


Que mes enfants siestent et soient de bonne humeur.

 

Source du texte: Caroline Labrie de Postpartum.ca 

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