Prendre soin de soi sans culpabilité, c'est possible?

Sep 02, 2026

Par Ça va maman

 

Oh la culpabilité! S’il y a bien une émotion qui vous parle, c’est bien celle-ci! Ce n’est pas pour rien que nous en avons fait un livre et une conférence. Une des conséquences possibles de la culpabilité maternelle est de vouloir surinvestir notre rôle de parent au détriment de notre bien-être. En effet, quand la culpabilité est fréquente et élevée, prendre soin de soi devient un défi, comme si répondre à ses propres besoins était synonyme d’égoïsme. Pourtant, une saine dose d’égoïsme peut faire du bien à soi-même, mais aussi à ceux qui nous entourent! Isabelle Soucy, psychologue, autrice et conférencière, explore ce concept dans son livre «L’égoïsme qui fait du bien, oser prendre soin de soi sans culpabilité». Elle nous invite à revisiter notre relation à nous-mêmes, à explorer la frontière entre l’égoïsme sain de celui qui est malsain, et à comprendre pourquoi il est si difficile de s’accorder du temps, surtout quand on est maman! C'est pourquoi nous l'avons invitée à notre balado. L'épisode est juste ici! 

 

L’égoïsme sain et ses bénéfices

 

Si on avait à représenter l'égoïsme sur un continuum, on trouverait à  une extrémité l’égoïsme «pur» qui amène une personne à penser uniquement à elle, sans considérer les autres. À l’autre extrême, on trouverait le sacrifice de soi où l’on s’oublie complètement au profit des besoins des autres. Selon Isabelle Soucy, l’égoïsme sain, c’est l’équilibre entre ces deux pôles. C’est se donner le droit de répondre à ses propres besoins, de respecter ses limites, tout en continuant de prendre soin de ceux qu’on aime. Ce type d’égoïsme n’est pas une fermeture aux autres, mais plutôt une façon de nourrir sa propre énergie pour être plus disponible envers son entourage.

Une crainte qui revient souvent est l'impression qu'en cherchant à prendre soin de soi, cela contribuerait à devenir une personne narcissique.  De façon pathologique, la personne avec des traits ou un trouble narcissique est non seulement centrée sur elle-même mais elle a en plus du mal à percevoir les besoins des autres, manque d’empathie, cherche à manipuler l'autre et ressent peu de culpabilité de façon générale. Les mamans qui se sentent coupables à l’idée de prendre du temps pour elles n’en sont pas là. Elles s’autorisent simplement une place pour exister, à se faire de la place dans la famille, sans s’effacer, et surtout sans craindre de devenir centrée uniquement sur elle-même.

Dans une société qui valorise souvent l’altruisme et le don de soi à travers la maternité, il est facile de croire que s’accorder du temps est un luxe, voire une forme d’individualisme mal placé. Pourtant, on le remarque bien au quotidien que prendre soin de nos besoins, de nous, a un effet positif sur notre humeur, notre patience, notre façon d’entrer en relation avec les autres, notre niveau d’énergie, et notre façon de réagir au stress entre autres!

 

 

La clé pour faire de la place à l’égoïsme qui fait du bien… sans culpabilité

Maintenant, beaucoup de mamans s’imaginent que prendre du temps pour soi devrait être facile, naturel et surtout se faire sans culpabilité. C'est ici qu'on vient avec une mauvaise nouvelle...malheureusement, ce n’est pas réaliste comme attente. Si c’est un apprentissage que vous désirez faire, vous devrez accepter que la culpabilité fait partie du processus. L’étape la plus importante (et difficile avouons-le!), c’est non seulement d’accepter cette émotion mais aussi de la tolérer sans chercher à la fuir ou la nier. À la place, tentez de vous exposer graduellement à de petits moments où vous priorisez vos besoins, même si ce n’est que quelques minutes pour commencer. Observez ensuite les bienfaits qui en découlent! Avez-vous l’impression de retrouver plus de patience, d’énergie, de créativité? Avec le temps, plus vous expérimenterez ces effets positifs, moins la voix de la culpabilité criera fort.

Si vous ne savez pas par quoi commencer, voici quelques exemples de petits moments à s’accorder:

  • Prendre trois minutes pour respirer profondément, sans distraction.
  • Lire quelques pages d’un livre pendant la sieste des enfants.
  • S’offrir un café chaud, sans écran ni tâche à accomplir.
  • Sortir marcher quelques minutes autour de la maison.
  • S’étirer ou danser sur une chanson que l’on aime.

Bref, nul besoin de s’imaginer que vous devez passer la journée au spa pour que ce moment pour prendre soin de vous en vaille la peine. Chaque geste qui vous fait du bien compte!

 

 

Pratiquer l’introspection pour mieux répondre à ses besoins

Finalement, rappelez-vous que l’introspection joue un rôle essentiel dans ce processus. Commencez par vous demander ce qui vous empêche de prendre soin de vous: Peu d'aide de votre entourage? Une vision intériorisée du sacrifice de soi dans la maternité? Des attentes dans le couple? Un manque de ressources financières ou matérielles? Un changement temporaire dans votre contexte de vie?

D’ailleurs, dans l’épisode de balado, Isabelle Soucy présente les 5 clés du bonheur selon une approche en psychologie. Vous verrez, non seulement c’est plus simple qu’on peut penser, mais surtout ça pourrait vous aider à regarder ce qui vous manque pour débuter ce processus, ce qui vous motive et par quoi commencer pour faire la paix avec cet égoïsme sain qui fait du bien!

 

Biographie

Dre Lory Zephyr, psychologue

 

Je suis une psychologue spécialisée en santé mentale maternelle, attachement et périnatalité.

Je pratique présentement en clinique privée et j’ai pu observer au fil des années comment les mères se sentaient trop souvent seules avec leurs difficultés. C’est pour cette raison que j’ai décidé de vulgariser la santé mentale maternelle. J’ai, entre autres, écrit les livres Maman en Construction (Éditions de l’Homme, 2018)Ça va, maman? (Éditions de l’Homme, 2021) et coécrit les livres Le deuil invisible (Éditions de l'Homme 2022) et Le mythe de la mère parfaite (Éditions de l'Homme, 2025)En plus d’offrir des conférences sur mes domaines d’expertise et de former des intervenants, je suis régulièrement invitée à me prononcer sur différents aspects de la vie des mamans et des familles dans les médias. Je travaille aussi étroitement avec le laboratoire d’études sur le développement de l’enfant et sa famille (Chaire de recherche du Canada sur l’attachement et le développement de l’enfant), particulièrement pour la communication avec le public.

En rencontrant Jessika, j’ai trouvé une âme-sœur qui avait le même désir d’enfin faire une place aux mères, leurs expériences et le soutien dont elles ont besoin. Avec Ça va maman nous pouvons les rejoindre directement et les accompagner dans tout ce que la maternité peut leur faire vivre.

Psst….je suis aussi une maman ;) !

 

Jessika Brazeau, journaliste

J’ai eu 3 enfants en 2 ans, je pense que c’est ce qui décrirait le mieux ma situation ! Haha! Plus sérieusement, devenir maman a été à la fois le plus beau rôle de ma vie ainsi que le plus difficile! Je ne m'attendais pas à ...ça!

Quand j’ai eu mes jumeaux, j’ai été confrontée à mes limites. Mentalement et physiquement. J’étais au bout du rouleau, j’avais clairement besoin d’aide et de réconfort, mais je ne me retrouvais pas dans ce que je voyais sur les réseaux sociaux qui me reflétait une parentalité… parfaite! Je me sentais perdue et incomprise au milieu de toutes les informations disponibles par les nombreux professionnels et blogs de mamans. J’ai alors fait la rencontre de Lory et ça a tout changé.

Ensemble, avec son bagage de docteure et le mien en tant que journaliste, on a voulu bâtir un endroit où les mamans pouvaient être elles-mêmes. Un endroit où on allait valider leurs émotions et partir de ce qu’elles sont pour les aider à trouver des outils. Un endroit où on allait leur donner l’heure juste sur les pratiques parentales. Un endroit où on allait les célébrer.  

Et Ça va maman est né! Depuis, nous avons construit ensemble de nombreuses conférences pour aider les mamans à se comprendre et se retrouver. Nous avons aussi coécrit plusieurs livres dont Le deuil invisible : se reconstruire après la perte de son enfant en période périnatale (Éditions de l'Homme, 2022) et Le mythe de la mère parfaite : se libérer de la culpabilité maternelle (Éditions de l'Homme, 2025)

 

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