Se sortir de la culpabilité maternelle en 3 questions

May 22, 2024

Par Ça va maman

 

Tranche de vie de maman

 

Ouf, la culpabilité... Par où commencer? Je dois avouer que c’est une émotion qui a été très présente, je dirais même envahissante, depuis que je suis devenue maman. Avec le temps, j’ai essayé de comprendre pourquoi et ça me venait d’où, et je crois en être arrivée à quelques réponses...

 

Je me suis rendue à l’évidence que je m’étais bâtie une image de ce qu’était une maman à mes yeux. Une construction magnifique érigée à la fois à partir de ce que j’avais reçu, c’est-à-dire dans mon cas une maman majoritairement à la maison, et de ce que je voyais qui est valorisé dans notre société : une maman à la dévotion totale dont le quotidien est digne d’une photo prise sur Instagram. 

 

Je me suis alors rendu compte qu’il y avait très peu de place pour ma personnalité dans ma construction idéalisée de la maternité et, avouons-le, impossible à atteindre. Est-ce que moi je voulais rester à la maison? Est-ce que j’aimais faire des bricolages Pinterest? Et qu’est-ce que je faisais alors avec mon très fort trait de caractère qu’est l’impatience? Non bien franchement, l’image de maman que je m’étais bâtie ne correspondait pas du tout à qui je suis de prime abord. Il fallait donc que je me parle quand la culpabilité m’envahissait, alors que je sortais souper avec des amies et que ma fille pleurait à chaudes larmes, parce qu’elle ne voulait pas me voir partir. Je savais au fond de moi que j’en avais besoin et que je serais une maman bien plus détendue, lorsque j’aurai pris un peu de temps pour moi. Même chose quand je sortais une pizza congelée, parce que j’avais eu une grosse journée au travail. 

 

Là où le travail est plus difficile à faire, encore à ce jour, c’est la culpabilité que je ressens quand je perds patience à la suite des demandes incessantes ou d'une crise interminable. Mais depuis que j’ai Ça va maman dans ma vie ( et Lory pour être bien honnête), j’essaie d’être plus douce envers moi-même. J’essaie de me rappeler que je suis en apprentissage en tant que maman et que bien que mon ego aimerait avoir toutes les réponses et les bonnes interventions, la réalité est tout autre. Ce qui me rassure, c’est que je sais aussi que j’ai toujours la possibilité d’aller m’excuser auprès de mon enfant d’avoir perdu patience ou hausser le ton et que ça aussi, c’est une belle force. 

 

Jessika, journaliste et maman

Cofondatrice de Ça va maman

 

La réponse de la psy 

 

Mais pourquoi je me sens autant coupable depuis que je me sens maman?

 

Oh qu’on entend souvent les mamans nous parler de leur culpabilité! Coupable de ne pas avoir passé assez de temps avec leur enfant. Coupable de ne pas avoir réussi à combler tous leurs besoins au quotidien. Coupable d’avoir pris un peu de temps pour elle-même. Coupable, coupable, coupable! En fait, on devrait avertir les mères lorsqu’elles repartent de la maternité avec leur bébé tout neuf, qu’elles repartent également avec une chaudière invisible de culpabilité. Cette émotion sociale est si lourde à ressentir. On veut bien sûr s’en sortir. Les dernières années sur les médias sociaux ont fait place à ces mères qui disent “STOP” à cette culpabilité sans fin, mais au-delà de la rejeter, que pouvons-nous y comprendre?

 

Brièvement, la culpabilité réfère à une action que l’on évalue comme étant fautive. Depuis que vous êtes maman, vous avez le cerveau frit… et vous avez oublié de souhaiter bonne fête à votre meilleure amie. D’une certaine façon vous avez commis une erreur, et c’est la culpabilité que vous ressentez qui vous amène à vous excuser (en lui offrant de venir célébrer avec une coupe de vin à la maison!). Ainsi, la culpabilité est une émotion qui renforce les liens sociaux. Lorsque vous avez perdu patience envers votre plus jeune, alors que votre réaction était liée au stress du travail, c’est encore votre culpabilité qui pourrait vous amener à vous excuser auprès de lui. En d’autres mots, ce que vous ressentez est votre allié pour vous réajuster et vous offrir du recul sur ce que vous vivez. Par exemple, vous pourriez réaliser que vous vous sentez coupable lorsque vous n’êtes pas auprès de vos enfants. Pourtant, cela se produit très peu et vous en avez grandement besoin. Ainsi, c’est une occasion pour vous demander si vous êtes vraiment fautive ou si plutôt vous devez apprendre à tolérer l’inconfort de vous mettre dans la position inhabituelle d’être la priorité. 

 

La culpabilité est souvent confondue avec la honte. Alors que dans la première émotion, une possibilité de réparation est réalisable, cela est vécu différemment dans la deuxième. En effet, dans la honte ce n’est pas l’action qui est mauvaise, mais bien votre personne. Vous pourriez ressentir que vous avez transgressé un idéal de vous et cette position vous amène à vouloir fuir le regard de l’autre. La honte est davantage associée aux symptômes dépressifs, comme le discours interne entretient une perception de soi qui est négative.  

 

Petit exercice pour mieux comprendre sa culpabilité

 

Voici un petit guide de 3 questions pour vous accompagner dans vos réflexions:

 

  1. Est-ce que j’ai vraiment commis une faute?
  2. Est-ce que quelqu’un a influencé mon sentiment de culpabilité (ex: entendre un comportement désobligeant)?
  3. Est-ce que je peux réparer ma faute ou c’est plutôt une occasion pour moi d’apprendre à tolérer cette culpabilité (ex: m’habituer à me refaire une place dans ma maternité)?



Dre. Lory Zephyr, psychologue spécialisée en santé mentale maternelle, périnatalité et attachement parent enfant; et maman

Cofondatrice de Ça va maman

 

👉 Le duo de Ça va maman offre un atelier GRATUIT pour dire "Stop!" à la culpabilité en direct, le 3 juin prochain, à 10h! Cliquez ici pour vous inscrire!

 

Pour écouter l'épisode de podcast "Stop à la culpabilité", cliquez ici! 

 


 

Biographie

 Dre Lory Zephyr, psychologue

 

Je suis une psychologue spécialisée en santé mentale maternelle, attachement et périnatalité.

Je pratique présentement en clinique privée et j’ai pu observer au fil des années comment les mères se sentaient trop souvent seules avec leurs difficultés. C’est pour cette raison que j’ai décidé de vulgariser la santé mentale maternelle. J’ai, entre autres, écrit les livres Maman en Construction (Éditions de l’Homme, 2018) et Ça va, maman? (Éditions de l’Homme, 2021). En plus d’offrir des conférences sur mes domaines d’expertise et de former des intervenants, je suis régulièrement invitée à me prononcer sur différents aspects de la vie des mamans et des familles dans les médias. Je travaille aussi étroitement avec le laboratoire d’études sur le développement de l’enfant et sa famille (Chaire de recherche du Canada sur l’attachement et le développement de l’enfant), particulièrement pour la communication avec le public.

En rencontrant Jessika, j’ai trouvé une âme-sœur qui avait le même désir d’enfin faire une place aux mères, leurs expériences et le soutien dont elles ont besoin. Avec Ça va maman nous pouvons les rejoindre directement et les accompagner dans tout ce que la maternité peut leur faire vivre.

Psst….je suis aussi une maman ;) !

 

Jessika Brazeau, journaliste

J’ai eu 3 enfants en 2 ans, je pense que c’est ce qui décrirait le mieux ma situation ! Haha! Plus sérieusement, devenir maman a été à la fois le plus beau rôle de ma vie ainsi que le plus difficile! Je ne m'attendais pas à ...ça!

Quand j’ai eu mes jumeaux, j’ai été confrontée à mes limites. Mentalement et physiquement. J’étais au bout du rouleau, j’avais clairement besoin d’aide et de réconfort, mais je ne me retrouvais pas dans ce que je voyais sur les réseaux sociaux qui me reflétait une parentalité… parfaite! Je me sentais perdue et incomprise au milieu de toutes les informations disponibles par les nombreux professionnels et blogs de mamans. J’ai alors fait la rencontre de Lory et ça a tout changé.

Ensemble, avec son bagage de docteure et le mien en tant que journaliste, on a voulu bâtir un endroit où les mamans pouvaient être elles-mêmes. Un endroit où on allait valider leurs émotions et partir de ce qu’elles sont pour les aider à trouver des outils. Un endroit où on allait leur donner l’heure juste sur les pratiques parentales. Un endroit où on allait les célébrer.

Et Ça va maman est né!

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