L’autocompassion pour mieux naviguer à travers les tempêtes

autocompassion bienveillance culpabilité parentalité santé mentale Jan 13, 2022

Écrit par : Catherine Cimon-Paquet, M.Sc. candidate au doctorat en psychologie


Être parent est une aventure merveilleuse, mais également remplie de défis. Il est donc tout à fait attendu de faire des erreurs ou même de considérer que l’on a vécu des échecs en tant que parent. Plusieurs scientifiques s’intéressent aux différentes façons de réagir à ces épreuves. Accueillir les situations difficiles, les petites et grandes tempêtes du quotidien, avec autocompassion semble être une stratégie qui favorise le bien-être chez les parents.

Qu’est-ce que l’autocompassion?

L’autocompassion comprend plusieurs aspects, dont la bienveillance envers soi-même, la présence attentive et l’humanité partagée. Avoir de la compassion envers soi entraîne des jugements et des critiques moins sévères à son propre égard, de se sentir moins seul.e et de maintenir une certaine distance face à sa situation.

La bienveillance envers soi signifie de faire preuve de gentillesse et de compréhension envers soi-même. Ainsi, lors d’une épreuve difficile, il est important de s’imaginer ce que l’on dirait à nos proches. Par exemple, vous pouvez écrire une lettre comme si vous écriviez à une personne que vous aimez et qui vivrait une situation difficile. Dans un deuxième temps, prenez le temps de la relire pour vous-même. Prendre soin de soi en identifiant des activités qui nous font du bien ou en planifiant des moments pour soi peuvent également constituer de la bienveillance envers soi-même.

La présence attentive consiste à prendre conscience de nos émotions, sans jugement, avec une certaine perspective. Il s’agit de reconnaître ce que l’on vit et d’éviter de l’ignorer ou de tenter de changer nos émotions. Une métaphore intéressante est celle de la vague et du surf. L’objectif est d’apprendre à surfer sur les vagues que constituent nos situations et nos émotions.

L’humanité partagée nous rappelle que l’on n’est pas seule ou seul à vivre ces moments difficiles. Parfois, nous avons tendance à penser que notre situation est unique. Bien qu’elle puisse être particulière et teintée de notre réalité, nos émotions et notre vécu sont souvent partagés par de nombreuses autres personnes. Il peut donc être rassurant de se rappeler que nous ne sommes jamais seuls à faire des erreurs et que l’imperfection est ce qui nous définit en tant qu’êtres humains.


Comment l’autocompassion peut m’aider dans mon rôle de parent?

Plusieurs études suggèrent que l’autocompassion peut aider les parents à traverser des périodes plus difficiles telles que la pandémie, qui entraine du stress et de l’anxiété. En effet, dans cette situation particulière, il est important de prendre soin de soi afin de favoriser une bonne santé mentale et afin d’être disponible pour nos enfants.

La pratique de la compassion envers soi peut aussi permettre de réduire les sentiments de honte et de culpabilité, qui surviennent chez de nombreux parents lors de situations plus difficiles pour eux. Les parents ont plusieurs choses à planifier et parfois, il peut arriver un oubli. Par exemple, si j’oublie la journée pyjama ou la journée photo à l’école, je pourrais ressentir que j’ai fait une erreur et ressentir de la honte ou de la culpabilité. En utilisant l’autocompassion, je pourrais me rappeler que tous les parents oublient parfois des évènements importants, prendre le temps de ressentir les émotions qui m’habitent et les nommer. En me parlant gentiment, comme je le ferais avec quelqu’un que j’aime, je pourrais diminuer mes sentiments de honte ou de culpabilité. Ces émotions sont normales et valides, mais il est sain de ne pas s’y accrocher et d’essayer des techniques d’autocompassion afin d’éviter qu’elles deviennent envahissantes.

Enfin, l’autocompassion est associée à la parentalité consciente (de l’anglais Mindful Parenting), qui consiste à être pleinement présent lors des interactions parent-enfant. La parentalité consciente est reliée à moins de stress et à des comportements parentaux plus optimaux pour le développement de l’enfant. En somme, l’autocompassion peut avoir des répercussions positives chez les parents, mais aussi chez les autres membres de la famille.

 

À retenir

  • La pratique de la compassion envers soi permet de mieux traverser les défis associées à la parentalité.
  • Elle entraîne des bénéfices pour la santé mentale des parents, mais également pour les enfants.
  • L’autocompassion comprend la bienveillance envers soi, la présence attentive et le sentiment d’humanité partagée

 

Références

Coyne, L. W., Gould, E. R., Grimaldi, M., Wilson, K. G., Baffuto, G., & Biglan, A. (2021). First things first: Parent psychological flexibility and self-compassion during COVID-19. Behavior analysis in practice, 14(4), 1092-1098.

Gouveia, M. J., Carona, C., Canavarro, M. C., & Moreira, H. (2016). Self-compassion and dispositional mindfulness are associated with parenting styles and parenting stress: The mediating role of mindful parenting. Mindfulness, 7(3), 700-712.

Sirois, F. M., Bögels, S., & Emerson, L. M. (2019). Self-compassion improves parental well-being in response to challenging parenting events. The Journal of Psychology, 153(3), 327-341.

Tóth-Király, I., & Neff, K. D. (2021). Is self-compassion universal? Support for the measurement invariance of the self-compassion scale across populations. Assessment, 28(1), 169-185.

 

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