Qu'est-ce qui contribue à la culpabilité maternelle?

May 08, 2024

Extrait du livre "Ça va maman?" écrit par Dre Lory Zephyr, psychologue

 

«Le lien qui unit une mère à son enfant est le plus fort et le plus important qui soit!»

 

Voici le type de phrases qui devient vite populaire auprès des parents… pour ne pas dire des mamans! Au-delà de l’aspect adorable de cette phrase, il est tout de même important de la nuancer. La relation avec votre progéniture est-elle la plus forte et la plus importante d’entre toutes? Vraiment?

 

Actuellement, il existe une frénésie autour de la maternité, plus particulièrement dans les sociétés occidentales. Les mères semblent se mettre de plus en plus de pression quant à leur rôle auprès de leur enfant. Ce qu’on leur dit laisse sous-entendre qu’elles n’en font pas assez et qu’elles devraient constamment remettre en question leurs actions. Malheureusement, plusieurs mamans se convainquent que cela est vrai, et en viennent même à douter de qui elles sont comme mères et comme femmes.

 

La maternité représente certainement une transformation fondamentale qui vient avec des hauts et des bas. Parmi les hauts, il y a ces merveilleux instants où votre bébé se calme lorsque vous le posez sur votre poitrine. Ceux où votre enfant réussit à se rassurer simplement en vous regardant au loin lors de sa première journée d’école, ou encore, lorsque votre préado se confie à vous sur ses premières amours (malgré son expertise en attitude nonchalante). Cela ne s’arrête pas là, car votre enfant, à l’âge adulte, vous fera encore vivre de doux instants en tant que maman et grand-maman. Chacune de ces minutes vous rappelle que vous êtes le pilier dans la vie d’un autre être humain. Ce n’est pas rien…

 

En revanche, la maternité, c’est aussi une bonne dose de remords, une tonne de doutes, une chaudière de surprises (disons même trois ou quatre) et une quantité infinie d’angoisse sur de petits et gros détails. Comme cette mère qui, huit ans plus tard, se blâme encore de ne pas avoir fait de cododo avec son fils et croit maintenant que cela a une incidence sur les crises qu’il fait. Ou cette autre maman d’un ado de 17 ans, qui se remémore avec autant d’émotions les difficultés de fertilité et les fausses couches avant sa naissance. Même les personnes âgées qui se présentent en psychothérapie pour différents motifs réalisent parfois que des nœuds en lien avec leur maternité sont encore présents. Et ce, même si leurs enfants sont grands, parfois même des parents eux-mêmes, qu’ils sont des citoyens productifs, engagés, intelligents et, surtout, aimants.

 

C’est devant ces femmes dont la progéniture a quitté depuis longtemps le nid que l’on réalise que la culpabilité maternelle ne s’arrête jamais. Elle s’estompe certes lorsque l’enfant vieillit, mais il n’en demeure pas moins que ces traces sont profondément ancrées et prennent du temps à disparaître. Pour s’en libérer, peut-être auraient-elles dû faire le travail d’explorer les effets que la maternité a eus sur elles. En fait, pourquoi les mères ne le feraient-elles pas toutes?

 

La maternité est inspirante et motivante, mais elle n’est pas un tout. Elle ne devrait pas se vivre au détriment du reste de votre vie, de votre essence, de votre identité. Votre personnalité joue un rôle sur le fait de laisser aller vos «erreurs» de parent, de vous détacher de l’équation et de vous pardonner. Toutefois, il semble plutôt commun d’observer du doute, des inquiétudes et des remises en question persistantes chez les mères quant à leur rôle. Ce qui frappe, néanmoins, c’est comment, collectivement, on y accorde si peu d’intérêt. La santé mentale maternelle est à peine abordée dans nos sociétés, et lorsqu’elle l’est, elle se concentre majoritairement sur la période périnatale. Mais, qu’arrive-t-il ensuite?

 

 

Maternité. Maman. Deux mots si simples, si couramment utilisés, voire si banals qu’on pourrait dire qu’ils sont complets en soi, n’est-ce pas? Après tout, tout le monde a une mère. Nous n’avons plus besoin de définir ces termes dans une conversation, car nous savons tous à quoi ils renvoient. Pourtant, ils peuvent être tout aussi légers que lourds de sens. Ils sont si communs et si uniques à la fois.

 

Et si on vous demandait: «Qu’est-ce que la maternité? Qu’est-ce qu’une maman? Que veulent dire ces mots pour vous?» Que répondriez-vous?

 

À vous la parole! Nous avons lancé une analyse sur la culpabilité maternelle afin de savoir ce qui préoccupe les mères. Accepteriez-vous de remplir notre questionnaire? Vous pouvez rester anonyme.

 

Dre Lory Zephyr, Ph.D., psychologue  

 

Je suis une psychologue spécialisée en santé mentale maternelle, attachement parent enfant et périnatalité.

Je pratique présentement en clinique privée et j’ai pu observer au fil des années comment les mères se sentaient trop souvent seules avec leurs difficultés. C’est pour cette raison que j’ai décidé de vulgariser la santé mentale maternelle. J’ai, entre autres, écrit les livres Maman en Construction (Éditions de l’Homme, 2018) et Ça va, maman? (Éditions de l’Homme, 2021). En plus d’offrir des conférences sur mes domaines d’expertise et de former des intervenants, je suis régulièrement invitée à me prononcer sur différents aspects de la vie des mamans et des familles dans les médias. Je travaille aussi étroitement avec le laboratoire d’études sur le développement de l’enfant et sa famille (Chaire de recherche du Canada sur l’attachement et le développement de l’enfant), particulièrement pour la communication avec le public.

En rencontrant Jessika, j’ai trouvé une âme-sœur qui avait le même désir d’enfin faire une place aux mères, leurs expériences et le soutien dont elles ont besoin. Avec Ça va maman nous pouvons les rejoindre directement et les accompagner dans tout ce que la maternité peut leur faire vivre.

Psst….je suis aussi une maman ;) !

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